Comprendre pour mieux agir: La bataille contre le système… 2ème partie

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2ème partie: Une suite à la « bataille contre le Système »

Lire la 1ère partie : https://editionsmariquita.wordpress.com/2015/07/19/comprendre-pour-mieux-agir-la-bataille-contre-le-systeme-1ere-partie/

ne étude suisse permet de mieux comprendre la mécanique du Système et d’identifier les prédateurs qui prétendent le contrôler. Cette étude a été mise en perspective par l’écrivain Jean-Paul Basquiast dans un texte très éclairant qui démontre notamment que l’attitude très critiquée des Indignés se refusant à proposer des solutions toutes faites en remplacement du Système dont il réclame l’abolition, est pourtant parfaitement cohérente. Etrangement, il apporte une forme de caution scientifique à un mouvement largement gouverné par l’intuition. L’ensemble de ce texte, dont nous avons surligné les passages les plus importants, offre une suite particulièrement utile à notre essai «De la bataille contre le Système».

Extrait :
« Certaines études s’appuyant sur les sciences de la complexité donnent désormais des images intéressantes [du Système]. On peut citer à cet égard celle conduite par une équipe de l’Institut fédéral de technologie de Zurich conduite par James Glattfelder, docteur en sciences de complexité et des réseaux (lire NewScientist, 22 oct. 2011, p. 8)
Ce travail qui en cours de publication sur le site PloS One, représente les relations de propriétés s’établissant entre les principales corporations mondiales transnationales (TNC). Il utilise les mathématiques utilisées pour la modélisation des systèmes naturels et les données recueillies par la base Orbis 2007 qui recense des millions de société dans le monde. L’équipe en a tiré un échantillon de 43.000 TNC sélectionnées à partir de leurs résultats et leurs liens financiers. A partir de cela, les chercheurs ont mis en évidence un cœur de 1318 sociétés reliées par des participations croisées. Bien que ne représentant que 20% des chiffres d’affaires mondiaux, elles possèdent la majorité des entreprises industrielles, celles de l’économie réelle. A l’intérieur de ce groupe, ils ont fait apparaître un super-cœur de 147 entreprises plus étroitement reliées les unes aux autres que les autres. Elles contrôlent 40% du réseau. Parmi elles, les plus importantes sont des institutions financières, dont les banques Barclays, JPMorgan Chase & Co et le The Goldman Sachs Group.
Pour la première fois, il est ainsi possible de visualiser un élément essentiel du Système qui contrôle le monde. D’autres éléments manquent, par exemple les liens incestueux qui relient ces organismes avec les gouvernements, partis politiques, églises avec lesquels ils échangent des relations de pouvoir. On devra aussi inscrire les liens, également incestueux, qui lient les TNC, les gouvernements et les grands médias. Ces liens seront plus difficiles à faire apparaître, mais avec un peu de persévérance, il serait possible d’obtenir quelques résultats significatifs. Ainsi commencerait à se dessiner concrètement le Système à trois pôles dénoncé comme le réseau des oligarchies mondiales: les finances, les pouvoirs et les médias, journaux et télévision notamment.
Les simulations faites par l’équipe de Zurich sur la réactivité de leur modèle à des perturbations extérieures montrent qu’il se comporte en super-organisme ayant son “intelligence” propre. Il n’est pas, sauf exception, contrôlé par la volonté de quelques dirigeants particuliers qui se seraient organisés pour se partager la maîtrise du monde. Dans une certaine mesure, cette globalité le rend encore plus dangereux. Le superorganisme se montre incapable de prévoir les crises que suscite son manque de stabilité. Quand ces crises surviennent, il est généralement aussi incapable d’y porter remède. Il s’agit ainsi, pour reprendre le mot de Hobbes, d’un nouveau Léviathan contre les dérives duquel, apparemment, personne ne peut rien.
(…)Plus généralement, l’expérience montre qu’il n’existe aucun pouvoir au monde capable de dénouer les liens reliant les entités représentées par le modèle, si ces liens s’avéraient dangereux pour l’économie ou pour la démocratie. Ils sont trop nombreux et trop puissants.
Dans un premier temps, on peut en conclure que les Indignés de Wall Street et d’ailleurs devraient se trouver confortés dans leur démarche politique, visant à refuser d’analyser le Système en détail, visant à refuser de s’opposer à lui de façon spécifique à tel pays, tel secteur économique, telle circonstance. A la vue de l’opacité du modèle, traduisant l’opacité des pouvoirs dominants le monde, ils seront confortés dans leur intuition que trop faibles, ils ne peuvent rien faire pour infléchir la marche du Système, sauf à choisir la solution du tout ou rien. Ils ne peuvent que refuser globalement le Système, en se bornant à tenter de bloquer ses mille têtes, là où elles se montrent.
Certes, du fait de l’imprévisibilité inhérente au Système, nul ne peut dire ce qui en résulterait. Sans doute dans un premier temps des répressions accrues, comme ce jour 29 octobre où nous écrivons, à Denver (USA), mais peut-être aussi autre chose. Rien n’interdit de faire l’hypothèse qu’alors le Système s’effondrerait de l’intérieur puis s’auto-réorganiserait sur des bases différentes.
Ce serait alors pour les Indignés l’occasion d’intervenir concrètement afin d’influencer cette réorganisation d’une façon favorable aux forces créatrices encore en sommeil qu’ils incarnent. »

De l’attitude «scientifique» des Indignés


Un autre passage de ce texte incite à la réflexion, en ce qu’il démontre que l’attitude très critiquée des Indignés se refusant à proposer des solutions toutes faites en remplacement du Système dont il demande l’abolition, est pourtant parfaitement cohérente.

Extrait :
«Les défenseurs du Système objecteront que le même Système contre lequel manifestent ces Indignés leur permet de vivre et survivre, ne fut-ce que frugalement. Aucun ne s’en irait mener dans la nature (ou dans ce qu’il en reste) une existence de chasseur cueilleur. Et que mettre à la place du Système? Les Indignés, dans l’ensemble, se refusent à répondre à ces questions. Ce qui les fait traiter d’irresponsables.

Pourtant, en termes de sciences des systèmes, leur attitude est parfaitement scientifique.

Un système complexe évolue de façon dite chaotique, c’est-à-dire imprévisible et par définition, non gouvernable. Il est loisible de postuler que si pour une raison ou une autre, il s’enferre dans une voie sans issue, il se transformera et pourra donner naissance à un autre système. Il existe un certain nombre de probabilités pour que ce nouveau système, s’il réussit à s’imposer, soit tout à fait différent.
(…) il serait illusoire de penser que les humains enfermés dans des systèmes anthropotechniques complexes dont ils n’ont qu’une vague représentation puissent se représenter les évolutions, bonnes ou mauvaises, qui pourraient résulter d’un blocage total ou partiel du Système des systèmes les englobant.
(…) Il est donc logique que, pour les humains d’aujourd’hui, la première chose à faire pour s’opposer au Système dont ils perçoivent le poids oppressif soit de le bloquer, dans les faits ou même symboliquement. Ils peuvent espérer, d’une façon apparemment naïve mais finalement assez fondée scientifiquement, qu’à la suite de ce blocage les composantes du Système s’auto-réorganiseront, leur offrant des niches vitales plus riches de perspectives. » (>>texte intégral ici)
La grille de lecture de Jean-Paul Baquiast est décidément très intéressante puisqu’elle apporte en quelque sorte une caution scientifique à un mouvement de femmes et d’hommes essentiellement portés par leur intuition.
Poussé dans ses derniers retranchements par la pression ou la révolte généralisée des Indignés, le Système n’aura au final d’autres choix que de révéler sa vraie nature, qui est d’essence totalitaire. Mais ce sera sa dernière posture.
Dans un de nos précédents commentaires nous avions conclu en disant :
«Le problème des commentateurs de la presse-Pravda est donc celui du Système : ils n’ont pas de repères ni pour commenter ni pour contre-attaquer des mouvements sans hiérarchie, sans idéologie qui n’existent que pour ce qu’ils sont : c’est-à-dire un simple mais immense et fabuleux cri de rejet anti-Système. Un cri qui dit en substance à tous les prédateurs de la finance qui spéculent sur la vie; à tous les Conseil d’Administration des multinationales mortifères qui ravagent la planète ; à tous les politiciens vendus et achetés qui tuent tout espoir, bref, aux serviteurs zélés du capitalisme destructeur : «On n’en a rien à foutre de savoir pas quoi on va remplacer votre machine. L’urgence pour notre humanité, c’est de nous débarrasser de vous,  de vous empêcher de nuire davantage».
Dont acte.

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